
Il a fallu ariver sur place.Comme toujours le train, de Marmande à Nîmes où il nous a fallu passer la nuit puis le Cévenol, la plus belle des lignes selon les amateurs de chemins de fer. À la Bastide Puylaurent tout le monde descend, nous endossons nos sacs et en route. Jouer l'escargot, avoir sa maison sur son dos, autrement dit randonner pour de vrai, exige un certain détachement des choses de ce monde, c'est un exercice du genre : qu'emporteriez-vous sur une îles déserte ? Il montre qu'après tout, l'indispensable se réduit à bien peu : boire manger, se vêtir ( sommairement ), faire toilette ( rapide ), un bon bouquin pour le soir, ramener quelques images, pour ne pas se perdre, des cartes, beaucoup, un GPS et c'est tout. Fut un temps où il nous fallait penser à la tente et aux duvets mais ce n'est plus de notre âge.Quelques impressions.De La Bastide à St Laurent rien que du facile. Passage obligé par N.D. des Neiges mais par des chemins un peu détournés pour voir l'abbaye de haut et fondre sur elle à travers prés. Petite conversation avec un moine fort prolixe mais La descente sur St Laurent vaut la peine. Petit détour par une tour du XII° entièrement reconstruite mais du haut de ce belvédère on a un beau point de vue sur le village, là, tout en bas. Nous mangerons : fort bien et nous dormirons comme des loirs au gîte du Chat Bleu tenu par un jeune couple dynamiqe, ouvert et sympathique. À St Laurent il y a une épicerie, chose rare sur notre parcours.
De St Laurent à Montselgues le topoguide indique 22 km ; il n'y en a que 17 à tout casser mais il faut oublier le kilométrage, il faut compter en temps, il nous a fallu gravir cinq serres et dévaler autant de fois vers des fonds de vallée, traverser un ruisseau sur le Pont du Péril, tout un programme. À midi nous étions à Ourlette. L'unique ? habitant était, entre autres, apiculteur, et nous a initié à cette savante activité, il nous a tout dit sur le rendement des ruches, les fleurs qui font du bon miel, les prédateurs.Il est passé à la démostration pratique, a écrasé un frelon pour nous démontrer qu'asiatique ou pas cette sale bête n'a en tête que de faire ripaille d'abeilles. Nous aurions pu devenir plus savants mais il nous fallait partir et il avait son potager à soigner. Nous avons ensuite monté, monté, monté mais en haut nous avons eu notre récompense : d'un côté le massif du Lozère, de l'autre, tout au loin les Préalpes. Nous avons quémandé de l'eau en bas de l'autre versant, à Chalendas. Le propriétaire des lieux venait de s'installer, d'acheter le hameau, espérait vivre de stage de yoga ou de photo, il ne savait trop. D'un geste large il nous a montré le torrent : c'est là qu'il se sert, il faut prendre l'eau près du fond, pas en surface, surtout. Heureux pays où l'eau est encore pure. Et quand on est en bas, au bord du torrent, qu'est-ce qu'on fait ? On remonte, pardi. Mais on passe à Pradon où deux frères se cramponnent au village, le boulanger passe parfois, l'épicier quand il y pense, l'infirmière, elle, se fait tirer l'oreille. L'un des deux frères est intarissable sur les maisons qui changent de main, sur le berger son voisin qui laisse aller les biques à vau l'eau. Ils tiennent à leur village et ne veulent pas le quitter malgré leur âge. Nous sommes presque arrivés, encore un col ( Teste rouge ) et voici Montselgues. Montselgues est habité par des "néo-ruraux", certains vêtus comme des Tupamaros. Retour troupeaux; ne pas manquer, les chiens encadrent étroitement les brebis, les arrêtent, les font repartir, c'est un spectacle à ne pas manquer D'abord poser le sac, et boire une bonne bière bien fraîche. le gîte de La Fage est tout neuf, tout propre, tout joli, tout confortable. Et le cuisinier vaut le détour, il a animé notre repas du soir, il n'est pas d'ici mais connaît tout sur le pays et il est intarissable. Et sa cuisine...je m'en lèche encore les doigts. C'est lui qui s'occupe de la cantine scolaire, heureux enfants, ils ne connaissent pas leur bonheur.. De Montselgues nous ne verrons pas les tourbières, ce n'est pas notre chemin. C'est facile au début, descendre au fon de la vallée, suivre ladite. Avant Tastavin nous rencontrons des promeneurs, nous n'en verrons guère d'autre pendant 5 jours. Ils nous signalent une stèle à Tastavin, où neuf personnes ont été massacrées par les occupants en 1943, et un monument à Thines. À Tastavin nous allons, nous venons ; rien ; personne à qui demander.. À la sortie du village des gens se sont installés, ont décoré les lieux avec des panneaux pillés au bord des routes, affichent fièrement" pastis au mètre, nous ne goûtons guère. Sur un éperon, Thines. C'est un village interdit aux autos et on ne voit d'ailleurs pas où on porrait les mettre. bien belle église du XII en grès rouge et gris, les statues du porche ont été amochées pendant les guerres de religion. Le monument à la résistanceest dans le cimetière, nous a-t-on dit et nous cherchons nous cherchons...et nous ne le trouverons pas. c'est plus tard, en regardant les photos que nous le verrons enfin. Et nous grimpons dans les cônifères pour atteindre le col de la Croix Blanche et ses antennes. Les cônifères sont la malédiction du pays, ça a commencé avec les reboisements et maintenant les pins maritimes envahissent tout, étouffent tout. Au col ne pousse plus que la lande et le paysage s'ouvre sur des horizons plus que lointains et, en bas sur la plaine d'Aubenas. L'auberge de peyré est un bistro fréquenté par les automobilites, autrefois y dormainent les muletiers. Nous aurions bien voulu passe la nuit chrez Noé Chat, un personnage légendaire dans la région. Dommage, il est en convalescence et il a 85 ans, il mérite bien de se reposer. Nous passons devant chez lui, notre déception s'avive, comme nous aurions été bien. Haut les cœurs et cap, à la carte, sur les Alrassets. C'est à un jet de pierre. Sans doute mais entre le gîte et nous il y a une vallée profonde de plus de 250m à descendre, il y a à trouver le pont , puis remonter. Le propriétaire du gîte commençait à s'enquiéter lorsque nous sommes enfins arrivés, à 19h. Il est berrichon mais, lui aussi connaît le pays comme sa poche. C'est chez lui que nous apprendrons tout ou presque sur monsieur Chat. Ah ! qu'il est bon de randonner quand, du soir au lendemain matin on mène une vie de sybarite Nous reviendrons, c'est promis..Et si vous devez passer par là ne manquez pas de détourner vontre itinéraire vers les Alrassets. La matinée suivante sera celle des ponts, le pont de la Planche que nous avions déjè emprunté, le pont de la Fra. Ponts inaccessibles aux voitures, ponts construits sans doute au XIX° S. lorsq'on a constrit les premières routes ( empierrées ) pour désenclaver les villages, pour ce donner une idée de cette aventure lire "la route" d'A Chamson. Nous descendrons ensuite vers Chambonas. Au revoir les chataîgiers, la lande de bruyère, bonjour le monde méditerranéen, bonjour les cyprès, les yeuses, bonjour les toits de tuile. Nous avons justement mangé à midi en bordure d'une vigne abandonnée, des vendanges tardives ont assuré notre dessert. Champmajour, pause causette sous les arbres de la place. Pour une fois avec des Cévenols pur jus, ils sont rares. Bien sûr ils connaîssent Noé Chat, avec lui ils sont partis faire les vendanges dans le plat-pays, avec lui ils se sont entassés dans la gare de Nîmes avant de partir, par équipes gagner durement des sous qui leur faisaent cruellement besoin. Ils nous ont ravitallé en eau, attention, pas celle du robinet, pleine de javel, cellle de la source. Nous ne descendons jamais plus bas qu'à Chambonas, sur les bords du Chassezac que nous franchirons sur un pont imposant construit par les moines de St Gilles. Un pont tout en pente, aux piles consruites en éperons, heureusement, car nous irons de pile en pile en courant presque pour nous garer des automobiles. C'est qu'il est étroit, le bougre. Pour monter aux Vans le balisage voudrait nous amener sur un détour pittoresque soigné aux petits oignons. Non merci, nous avons bien marché, un peu de trottoir ne nous fera pas de mal. Comble de malchance, l'hotel est tout en haut du bourg, et les Vans sont un gros village en forte pente. Ses habitants, en tout cas ceux qui vont se désaltérer dans les bistros de la grand' place ont la dégaine de soixante huitards attardés et leurs autos sont couvertes d'insciptions vengeresse. Sur le chemin de l'hôtel un temple tout rond construit en 1825. Des Vans nous irons à Malbosquet, le chemin commence par la route et nous sommes plutôt inquiets. L'heure de l'école va sonner, les parents ne veulent pas que leurs enfant ratent la rentrée, alors, fouette cocher, c'est le gymkana, le grand prix de Monaco. Où marcher, grands dieux ? à droite, à gauche ? Mais comme d'habitude, voyons ! là où l'on risque un peu moins. Le cauchemard prend fin dans les banlieues et nous rencontrons un viticulteur matinal qui procède à des vendanges tardives le long de la route. Nous ne dirons rien de lui, ni de sa vigne ; il fait son vin avec des cépages hybrides, interdits. En tout cas il ne s'en porte pas plus mal, loin de là ; longue vie à toi, le délinquant récidiviste. Après un petit passage sur le calcaire nous retrouvons les schistes. Petite halte à Brahic, encore un charmant village puis Murjas aux potagers amoureusement tenus et protégés par un épouvantail bien coquet. Nous grimpons ensuite sec sur un chemin défoncé. Ah les sangliers, quelles sales bêtes, que vont-ils fouir sous les pierres du chemin et transformer une allée bien dallée en chaos innomable, que cherchent-ils donc avec tant d'acharnement ? En tout cas ils sont en train de défoncer les admirables chemins de cette région. Midi, nous avons retrouvé des altitudes plus familières, bivouac à l'ombre d'une clède. Une clède ? On dirait une petite maison ou une grosse cabane de lauzes, on faisait un feu au rez de chaussée, on disposait les chataîgnes à l'étage et on les faisait ainsi sécher. Ensuite cap sur Malbosc, au milieu des chataîgniers et toujours les serres, on descend dans une vallée, on remonte. Nous avons eu un mal fou à trouver le gîte du Serret, annoncé par un panneau représentant un petit âne vert et nos errances ont eu raison de notre détermination : nous n'irons pas plus loin à pied en tout cas. Nous avons passé là aussi une excellente soirée avec notre hôte et des parentes à lui venues lui prêtre main-forte. Nous avons compris le lendemain combien la vie dans cette région était difficile ; notre hôte nous a obligeamment offert de nous conduire à la gare de Génolhac. Pendant longtemps nous avons roulé sur de la piste, puis sur une route qui ne valait guère mieux , étroite et toute en virages. Nous n'avons trouvé de vraie route, une route où deux voitures peuvent se croiser qu'aux abords même de Génolhac. Nous avons quitté notre hôte à regret et nous avons confié notre sort à la SNCF. Nous n'avons donc pas rempli le contrat, nous ne sommes pas allés jusqu'au bout. et pourtant, si c'était à refaire ? Bien sûr que nous repartirions, mais nous nous ménagerions une journée de farniente quelque part au milieu du parcours. Plus de 600 m de dénivelé par jour sans dételer c'est trop pour nous. ( et pour d'autres : voir ce récit ) |
![]() Le lac de Villefort
vu du train
![]() N. Dame des neiges
![]() Jour 2- en grand
![]() ![]() ![]() Bancels abandonnés
![]() ![]() Jour 4 - en grand
![]() Thines
![]() Un pont et le sentier
![]() Jour 5 - en grand
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La ligne du Cévenol qui a servi de prétexte à la mise en place du GRP et que nous avons emprunté jusqu'à La Bastide...dans Wiki...
Une famille raconte la même balade ( site du gîte de l'Étoile ) pour comparer avec nos élucubraations.
Le GR présenté par "Découvir en marchant" site rando les Vans
Encore le GR dans "couleurs rando" ? On y trouve des descriptifs des topoguides, quelques croquis, des adresses de gîtes.
Une vidéo / diaporama dans le blog de Jean-Noël, qui a "la bougeote depuis toujours" et qui est un photographe talentueux.
Carte Google du Cévenol en boucle Encore une filiale.... cette balade est un assemblage d'un morceau de la Régordande ( Villefort Génolac ) et du Cévenol. Compter au moins dix jours
Le site de St Laurent les Bains
Thines dans Wiki Son église, le mémorial
Le site de Chambonas son château, son pont, une filiale du site prolifique...
Une page du musée du protestantisme. Comme celui de Lyon celui des Vans est rond. Sur cette page vous apprendrez pourquoi.
Les clochers des tourmentes dans Wikipedia. Quelque part dans les images il en est question
Pour tout savoir sur les Cévennes le site du gîte de l'Étoile. La maison mère, inépuisable, vous dis-je et que de filiales !